vendredi 5 février 2010

Invictus

Bon, et bien voilà. C'est chose faite. Je suis allée voir le dernier Clint Eastwood sorti sur nos écrans : Invictus. Mandela et la coupe du monde de rugby de 1995, année où l'Afrique du Sud accueille l'événement et le remporte, marquant un moment important dans la recherche de réconciliation nationale. On sait aujourd'hui qu'ils travaillent toujours à cette réconciliation et que c'est... dur. Très dur. Mais à n'en pas douter, cela a dû représenter beaucoup à l'époque.

Je connais bien le cinéma de Clint Eastwood et une chose est certaine : il ne fait pas dans le sentimentalisme. Ce n'est pas son genre. Il montre ce qui est. À tel point qu'il n'aime pas démultiplier les prises, préférant la spontanéité de la premier, la plus juste selon lui. Il ne presse jamais ses acteurs, leur demande s'ils sont prêts et ne crie jamais "action". Tout est propice à l'émotion sans rechercher l'émotion.

Et c'est exactement ce que j'ai ressenti pendant tout le film. Cette espèce de retenue évidente, comme s'il savait que l'émotion viendrait d'elle-même avec le sourire d'un enfant, la joie d'un joueur ou la certitude de Mandela.

Tout ceci étant porté par un casting très agréable. J'étais revenue depuis quelques temps sur Matt Damon, que je trouvais auparavant trop minaud. Avec quelques films, j'ai fini par me faire une idée plus positive de l'acteur qui a une palette de jeu beaucoup plus vaste que je supposais. J'aime beaucoup ce genre de claque ^^. Toujours est-il que là, il n'est pas une star, il n'en fait pas trop, il n'est pas l'élément le plus marquant du film, il est juste là, présent comme il faut. Ni trop, ni trop peu. Personnage puissant et pourtant un peu perdu, un peu dépassé par les événements de son pays. Il est joueur de rugby, pas politicien, mais il a la passion d'un joueur, ce qui le fait résonner positivement à la passion de Mandela.

Morgan Freeman... très bien, très très bien. On sent bien qu'il était investi dans ce projet. J'ai toujours aimé l'acteur pour... sa retenue justement, mais aussi son regard, très pétillant (au bon moment), très alerte. Et là, c'est exactement ce qu'il fallait. Jusqu'à l'accent et la diction. Une belle présence à l'écran. Et ce que j'ai aimé, c'est qu'à aucun moment il ne s'est laissé à la tentation de faire de Mandela un héros sans faille, sûr de lui. Non, il en fait un Mandela réaliste, qui a sa force et sa fragilité.

Bref... je pourrais encore beaucoup en dire. Oh si... le fils Eastwood, il lui ressemble vachement :D

2 aveux:

Yopsee a dit…

Ah, ça donne envie d'aller le voir :)
En même temps, un commentaire de toi sur un film de Clint, je vois pas comment ça pourrait donner envie de ne pas aller le voir :p

Danae a dit…

Mmmh, vais-je réussir à dire qu'un film d'Eastwood m'a vraiment plu ? Le challenge est de taille.

En fait, je crois qu'heureusement que j'ai appris,en premier, qu'un film parlant d'un des moments de la vie de Mandela allait être en salle. Et non Eastwood. D'ailleurs, faudra qu'on cause du fait que ce réalisateur fasse tout en retenu. C'est loin d'être l'impression que j'ai eu lors de certains de ses précédents films.

Mandela est un des êtres humains pour lequel j'ai le plus d'admiration. Il y en a quelqu'uns, autre que lui, mais ils ne sont pas nombreux dans l'histoire. Quand ce vieil homme disparaitre, l'Afrique tout entière sera orpheline. J'avais déjà eu cette impression à la mort de Miriam Makeba, mais là, je suis totalement HS.

Donc, Freeman endossant, ce rôle ... il ne lui manquait qu'un petit plus dans le sourire, mais ce regard pétillant, miamy.

L'histoire en elle même est bien racontée, mais rien de transcendant. Mais là, c'est peut être parce que je n'aime pas Eastwood, et que j'ai des idées préconçues.

Par contre, elle montre bien l'importance du sport. Tant pour la reconnaissance internationale, mais là, pour le sud-af', la réunification nationale. Plusieurs pays, dits en voies de développement, ont maintes fois tenté cette voie.